Peu de Congolais ignorent l’importance que le gouvernement accorde au secteur des infrastructures routières, un pilier majeur de la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les routes demeurent en effet un levier essentiel du développement national, à la fois social, culturel et économique.
Lancé à la mi-2024, au lendemain de l’investiture du Président pour son second mandat, ce vaste programme de réhabilitation et de modernisation des voiries connaît aujourd’hui, plusieurs chantiers actifs à travers la capitale.
Selon le Bureau Central de Coordination (BCeCO), certaines artères de Kinshasa devaient être progressivement rouvertes avant la fin de l’année 2025. Et pourtant, de nombreux usagers dénoncent une lenteur jugée injustifiée, amenant une partie de la population à s’interroger sur le rythme réel des travaux.
Dans le cadre de son émission « Au-delàde la critique », Équateur Magazine a recueilli les impressions de plusieurs habitants.
Sam, jeune artiste de 27 ans, étudiant à l’Académie des Beaux-Arts et résidant sur l’avenue Kasaï (Barumbu), estime que les chantiers manquent de cohérence : « Les travaux devraient avancer de façon progressive, rue après rue, Kasaï, puis Kasavubu, etc. Au lieu de ce désordre actuel. Beaucoup de voitures restent immobilisées à cause de la politique adoptée. Les entreprises manquent manifestement de moyens, parfois on a l’impression qu’on se moque de nous », déplore-t-il.
Un autre jeune, 29 ans, plaide pour une autre stratégie : « On aurait dû commencer par le centre-ville avant d’aller vers les périphéries. Et à quoi servent les routes si la salubrité n’est pas assurée ? Les caniveaux doivent être curés régulièrement pour préserver la beauté de la ville », insiste-t-il.
Pour Ruth Kibelo, l’évolution est positive, notamment à Ngiri-Ngiri, mais elle questionne la gestion du processus : « Par moments, on a l’impression d’être dans une autre ville. Les avancées sont visibles, mais les autorités doivent respecter les normes en matière de marchés publics », alerte-t-elle.
Au-delà des critiques, le sentiment général est que Kinshasa change de visage. Toutefois, les défis restent importants : accélérer l’exécution des travaux, assurer une meilleure coordination des chantiers, et garantir le respect des normes de modernisation et d’urbanisme. Pour les Kinois, l’attente est simple : une capitale plus propre, plus fluide et véritablement modernisée.
BONKAKE BAMPENGA & Hornela MUMBELA




