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RDC : Une agression présumée d’une patiente en post-partum choque l’opinion et interroge l’éthique médicale Kinshasa

Une affaire impliquant le docteur David Balanganayi suscite une vive indignation au sein de l’opinion publique et du corps médical congolais. Les faits, largement relayés sur les réseaux sociaux ces derniers jours, concernent l’agression présumée d’une patiente en période post-partum dans un établissement de santé.

Selon plusieurs témoignages et images diffusées en ligne, la patiente aurait refusé de subir la réparation d’une déchirure périnéale immédiatement après l’accouchement, exprimant sa crainte de la douleur. Une réaction qui aurait provoqué une altercation avec le praticien concerné.

La situation aurait dégénéré jusqu’à un acte de violence physique présumé à l’encontre de la patiente, une scène qui aurait été filmée alors que cette dernière se trouvait entièrement nue.
La diffusion de ces images sur les réseaux sociaux, sans le consentement de la patiente, soulève une onde de choc dans l’opinion publique et pose de graves questions éthiques et juridiques.

Une possible violation grave de la déontologie médicale

Face à ces faits, Dr Rabby Nzabi a adressé une lettre ouverte au professeur Nsadi, président du Conseil urbain de l’Ordre des médecins congolais, demandant l’ouverture d’une enquête disciplinaire.
Dans cette correspondance, le médecin dénonce ce qu’il considère comme des manquements graves aux principes fondamentaux de la profession médicale.
Plusieurs violations déontologiques sont évoquées :le non-respect du consentement libre et éclairé du patient,
l’usage présumé de violence physique sur une patiente vulnérable,la violation du secret professionnel. Mais aussi l’atteinte à la dignité et à l’intimité d’une patiente,
et le discrédit porté à la profession médicale.

Pour Dr Rabby Nzabi, ces faits « portent atteinte non seulement à l’honneur de la profession médicale, mais également aux droits fondamentaux des patients ».

Une indignation renforcée en plein mois des droits des femmes
Cette affaire intervient alors que le mois de mars est consacré à la promotion et à la défense des droits des femmes à travers le monde.
Pour plusieurs observateurs, la situation soulève également la question des violences obstétricales, un sujet encore peu débattu en République démocratique du Congo mais qui fait l’objet d’une attention croissante dans plusieurs pays.
Les défenseurs des droits des femmes rappellent que les patientes, en particulier dans le contexte sensible de l’accouchement et du post-partum, doivent être protégées et traitées avec respect, dignité et humanité.
Un appel à des sanctions exemplaires
Dans sa lettre, Dr Rabby Nzabi appelle les autorités ordinales à agir afin de préserver la confiance de la population envers le corps médical.
« Il est impératif que des mesures disciplinaires exemplaires soient prises afin de rappeler les valeurs fondamentales qui régissent notre noble profession », écrit-il.
L’ouverture éventuelle d’une enquête par l’Ordre des médecins congolais pourrait permettre d’établir les responsabilités et de déterminer les sanctions appropriées.

En attendant, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et relance le débat sur le respect des droits des patients et l’éthique médicale en RDC.

Victoria NDAKA

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