L’Université Pédagogique Nationale (UPN) a abrité, ce samedi 24 janvier de l’année en cours, une conférence-débat d’envergure consacrée à la participation politique et électorale des femmes en République démocratique du Congo. Organisée dans le cadre du programme « She Leads » de l’IFES, l’initiative a été portée par Divine Dielamonika, vice-présidente honoraire des étudiants de l’UPN, psychologue sociale et défenseure des droits des femmes.
Placée sous le thème « La participation politique et électorale des femmes : levier du développement », la rencontre a réuni des femmes leaders issues des institutions publiques, de la société civile, d’organisations internationales, ainsi que de nombreux étudiants.
L’objectif principal était de susciter une réflexion collective sur la faible représentativité des femmes dans les sphères décisionnelles congolaises et d’encourager l’émergence de nouvelles vocations politiques féminines.
*Un constat sévère sur les obstacles structurels*
Les intervenantes ont dressé un diagnostic sans complaisance des défis auxquels font face les femmes engagées en politique.
Catherine Furaha, ministre honoraire des Cultures et Arts, juriste et avocate au barreau de Goma, forte de plus de vingt ans d’engagement en faveur des droits des femmes, notamment au Nord-Kivu, a déclaré :
« Les femmes congolaises ne manquent ni de compétences ni de leadership. Elles se heurtent plutôt à des obstacles structurels, socioculturels et politiques qui freinent leur ascension. Le problème n’est pas l’incapacité des femmes, mais un système qui doit être transformé. »
Tout en saluant certains progrès, notamment la nomination d’une femme au poste de Première ministre, elle a relevé les insuffisances persistantes du cadre légal et politique :
« La loi ne favorise pas suffisamment les femmes et son application reste faible. Dans les partis politiques, nous subissons encore des attaques ciblées. Mais malgré les obstacles et même les échecs, nous ne devons jamais abandonner. »
*Former, résister et agir*
Pour Nadine Nsiala, vice-présidente de la YWCA/RDC, consultante et formatrice, la formation demeure un levier essentiel :« Formez-vous sans relâche. Soyons ‘malades’ de formations. Développons notre intelligence émotionnelle, travaillons notre posture et notre image. »
De son côté, Beny Neze, conseillère du Chef de l’État et présidente de la DYNUPS, a insisté sur le rôle stratégique de la société civile dans la défense des droits communautaires et l’accompagnement du changement social et politique.
Parmi les autres personnalités présentes figuraient Aossa Ornella, présidente du Conseil communal de Kasa-Vubu, Charlotte, conseillère à la BCNUDH, ainsi que Eddy Yav, conseiller à la Présidence de la République.
L’inclusion des femmes, une condition du développement.
Les échanges ont convergé vers un message fort : le développement durable de la RDC est indissociable de la pleine participation des femmes aux instances de décision. Les participantes ont appelé à un engagement accru des femmes, au soutien des candidatures féminines et à l’occupation effective des espaces de pouvoir.
« Tant que les femmes ne siègent pas à la table des décisions, leurs priorités resteront invisibles », a résumé l’une des intervenantes.
La conférence s’est clôturée par un appel à faire de l’engagement politique des femmes une norme plutôt qu’une exception, afin de promouvoir une gouvernance plus inclusive et équitable en République démocratique du Congo.
À travers le programme « She Lead’s », les organisateurs entendent renforcer le leadership féminin et inspirer une nouvelle génération de femmes à assumer des responsabilités publiques.
Hornela Mumbela

















