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Kinshasa étouffée sous les déchets : au marché central (Zando), les fêtes de fin d’année virent au cauchemar

Alors que la capitale congolaise s’apprête à tourner la page de l’année 2025 pour accueillir 2026 dans la joie et l’espérance, une réalité alarmante s’impose au marché central de Kinshasa, communément appelé Zando. En pleine période des fêtes, symbole de partage, d’abondance et de retrouvailles familiales, l’insalubrité a pris le dessus dans ce haut lieu du commerce kinois.

Comme le veut la tradition du « dernier virage », des milliers de familles convergent, le 31 décembre, vers le marché central pour acheter les vêtements de fête, la nourriture de la Bonne Année et tout le nécessaire pour célébrer dignement. Chaque année, ce rituel incarne la joie populaire et l’espoir d’un nouveau départ.

Mais cette fois, au-delà des bousculades habituelles et de la boue, un fléau plus grave s’impose : immondices entassées, eaux de pluie stagnantes, poubelles non évacuées et odeurs nauséabondes. Une situation qui met en péril la santé des commerçants, des clients et, plus largement, de toute la ville.
L’insalubrité, un facteur aggravant des inondations à Kinshasa
Au marché central, les eaux envahissent les entrées des magasins. Pour accéder à certaines boutiques, il faut littéralement patauger dans l’eau. Les caniveaux bouchés et l’accumulation des déchets rendent le site impraticable à la moindre pluie, accentuant les risques d’inondations et de maladies hydriques.
Face à cette situation préoccupante, Équateur Magazine, à travers sa nouvelle émission citoyenne « Au-delà de la critique », est allé à la rencontre des Kinois afin de recueillir leurs témoignages et leurs propositions de solutions.

Voix du terrain : commerçants et clients tirent la sonnette d’alarme

Photo Equateurmagazine/zando kinshasa

M. Nohamed, propriétaire d’un magasin sur l’avenue Kato, témoigne :

<< Cela fait six ans que je travaille ici. Mais ces derniers temps, la situation est devenue insupportable. Il y a des odeurs partout, des poubelles non évacuées, des eaux de pluie devant les magasins. Depuis le 28 décembre, nous marchons dans l’eau avec nos clients. Nous payons chaque jour des taxes, mais nous nous demandons où va cet argent. Cette situation nous expose à des maladies graves comme le choléra ou la typhoïde. >>
Selon lui, des solutions concrètes existent :« Nous demandons aux autorités de mettre en place un service d’évacuation d’urgence des déchets, avec de grandes poubelles installées à des endroits stratégiques. Il faut aussi un service de contrôle assorti de sanctions pour les commerçants qui jettent les ordures n’importe comment. Le marché central contribue énormément à l’économie du pays, il mérite mieux. »

De son côté, Maman Mado, vendeuse de poulets, exprime fatigue et indignation :
« Regardez comment nous sommes assises. Nous vendons dans l’eau, derrière les poubelles. La saleté est grave. Trop, c’est trop. Nous sommes fatiguées de crier et de demander secours. Nous n’avons pas d’autres endroits pour nourrir nos familles. Nous demandons au ministère de l’Environnement, à l’Hôtel de Ville et même au Président de la République d’entendre nos cris et de nous sauver des maladies. »
*Le regard des clients : une image humiliante pour la capitale*

Maman Esther, venue de Ngaliema pour acheter les vêtements de Bonne Année à ses trois enfants, se dit profondément choquée :
« C’est déplorable de voir le marché central de Kinshasa, capitale de la RDC, dans cet état. Des poubelles partout, des odeurs, de l’eau sale qu’on piétine pour passer. C’est une honte pour un pays rempli d’énormes potentialités. J’ai même regretté d’être venue, mais comment satisfaire les enfants ? Ici, les prix sont plus abordables. »
Elle ajoute :
« Le marché est le miroir de Kinshasa. Dans cet état, cela montre que le pays est gravement malade. Il est urgent que l’Hôtel de Ville agisse de manière sincère et durable. Ne souhaitons pas la bienvenue aux maladies. »
Kinshasa face à ses contradictions
Malgré les projets annoncés et les discours officiels sur l’assainissement urbain, Kinshasa reste confrontée à une insalubrité chronique dans plusieurs communes. Ordures non évacuées, caniveaux obstrués, odeurs persistantes : à chaque pluie, la ville s’inonde et la population en paie le prix.

Questions ouvertes
Quelle stratégie durable pour lutter contre les inondations à Kinshasa ?
Quelle politique efficace d’évacuation des déchets au marché central et dans les quartiers ?

Où vont réellement les taxes payées quotidiennement par les commerçants ?

Équateur Magazine vous donne rendez-vous la semaine prochaine dans son émission citoyenne « Au-delà de la critique », un espace dédié à la parole des citoyens pour construire ensemble des solutions.

Construisons la RDC par les avis des Kinois et des Congolais.

Hornela Mumbela

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