En cette Journée internationale des artistes, un cri du cœur s’élève depuis le Congo : il est temps de reconnaître, de soutenir et de valoriser ceux qui font battre l’âme du pays.
La République Démocratique du Congo, pays de rythmes, de couleurs et de récits millénaires, reste paradoxalement un espace où les artistes peinent à vivre de leur art. Dans un territoire où chaque rue, chaque langue, chaque geste porte une histoire, la culture devrait être un moteur de développement. Pourtant, elle demeure un secteur marginalisé, laissé à l’informalité et à la débrouille.
“La RDC est une bombe culturelle”, déclare une voix engagée du milieu artistique et journaliste Culturelle Mme Victoria NDAKA. “Nous avons tout : des récits puissants, des langues multiples, des esthétiques uniques, une jeunesse inventive, des références, des légendes… Et pourtant, nos créateurs ne vivent pas de leur créativité.”
Un potentiel étouffé par la précarité
Le diagnostic est sans appel : infrastructures absentes, formation limitée, politiques publiques sans mise en œuvre, invisibilisation des artistes dans les plans de développement. Les créateurs congolais brillent souvent à l’étranger, mais dans leur propre pays, ils restent confinés à la survie.
Le secteur culturel, pourtant pourvoyeur d’emplois et vecteur de cohésion sociale, souffre d’un manque criant de reconnaissance institutionnelle.
“On parle de potentiel, mais à quoi sert un potentiel si on ne le transforme pas ?” interroge Victoria NDAKA en cette journée.
Des revendications claires et urgentes
Face à cette situation, elle appelle les à un changement structurel.
“La valorisation des savoir-faire locaux et des traditions vivantes ; La formation et la professionnalisation des acteurs culturels ;La création d’écosystèmes culturels locaux pérennes ;L’implication du secteur privé et des collectivités dans le financement de la culture et Une application effective des politiques culturelles déjà votées.
“La culture n’est pas un luxe. Elle est un droit, une économie, un outil de résistance et un pouvoir”, martèle – t- elle.
Un appel à la mobilisation collective
Alors que le monde célèbre les artistes, la RDC choisit de poser une question : que vaut une nation qui ne nourrit pas ses créateurs ?
Les artistes congolais ne demandent pas la charité, mais la justice culturelle. Leur combat, c’est celui d’un peuple qui refuse de voir sa créativité pillée, exploitée ou ignorée.
“Aux artistes : continuez de créer, même sans scène.
Aux autorités : votre silence est un abandon.
À nous tous : la mobilisation ne peut plus attendre.” Parce qu’en RDC, créer, c’est résister , conclu Mme Victoria NDAKA.
Hornela MUMBELA.






